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jeudi 18 février 2010

La fontaine aux saules

" Je ne dirai pas : ne pleurez pas,
car toutes les larmes ne sont pas un mal."
Gandalf

(TOLKIEN, Le Retour du Roi, Liv. II, ch. 9)


Je vis des perles d'eau dessus le marbre pâle
Rouler puis s'égarer. Et le soleil joueur
Les paraît d'argent pur ; beauté à fendre coeur,
Insondable feu blanc comme d'étoile australe.

Et les saules muets aux feuilles frémissantes,
Indécis, ne savaient pas comprendre ou calmer
Le flot silencieux, si ténu, mal-aimé,
Mais étaient là présents, âmes réconfortantes.

Le poète, écoutant ce rythmique sanglot,
Tentait de dire encor' le doux reflet de l'eau
Triste, fragile et clair, la gemme qu'il côtoie ;

Et ne pouvant agir, à celle qui pleurait :
"Onde d'or et d'azur, Jouvence, je voudrais
De ton chagrin amer fair' des larmes de joie !"


dimanche 7 février 2010

De profundis...

" De profundis clamavi ad te Domine
Domine exaudi vocem meam. "
(Psaume 129)


... J'ai crié vers Toi, mon Dieu, l'Eternel !
Seigneur, sinon toi, qui peut me répondre ?
Face à la douleur, tournés vers le ciel,
Tes fils pleurent la terre qui s'effondre.

Et les peuples t'accusent, notre Dieu,
Quand Tes enfants, du fond de leur angoisse,
S'appuient sur Toi pour relever les yeux.

Que ton oreille se fasse attentive
Au cri de leur prière ! Dieu, réponds-nous !
Fais rejaillir l'espoir en sources vives !
Et que la charité des Hommes croisse !

Mais, Seigneur, où donc Te voir parmi nous ?

Où es-Tu donc pour celle qu'on menace ?
Où Te trouve-t-elle, au soir d'abandon,
Cette autre qui pourtant cherche Ta face ?
Es-Tu là pour l'errant que nous aidons ?

J'espère en Toi, Dieu juste et équitable :
Oui Seigneur, éternel est Ton amour !
A Ton peuple montre-toi favorable
Et fais nous voir un rayon de Ton jour.

J'espère le Seigneur de toute mon âme
Je L'espère et j'attends Sa Parole !


mercredi 6 janvier 2010

Sonnet du Feu

" Le feu clair qui remplit les espaces limpides "
(BAUDELAIRE, "Elévation" in Les Fleurs du Mal )


Au doux foyer sonore où il te faut descendre
Tu allumes les yeux par de si beaux atours.
Esprit malicieux, tu fais mille et mill' tours
Et siffles un écho que ma voix croit comprendre...

Chant dont la braise ardente est cachée sous la cendre.
Il a été écrit que le Feu est Amour,
Mais je ne saisis pas le sens de son discours
Et reste seul et froid... J'ai encore à apprendre...

Archange irradiant dans les bois gémissants
De fougue et de chaleur, tu donnes, frémissant,
La Vie, aussi belle et insondable qu'une ambre.

Tu t'éveilles, ô rêveur éternel, ondoyant
Hors des bûches. Léger, ton essor flamboyant
Ranime alors ma main dans les froids de Décembre...

vendredi 4 décembre 2009

Avallon parmi les arbres

" O fading town upon an inland hill .
(...)
And on the stones and trees there lies a spell
. "

(J.R.R. TOLKIEN, "Kortirion among the trees" )


Ô immenses salles anciennes et perdues
Aux voûtes crevassées de feuillages antiques
Dallées de racines et colonnes aux fûts
De grands chênes vivants piliers de basilique

Des arches de branches tortueuses tendues
Vers une clé d'azur faîte de la charpente
Et de lourds contreforts, tenant vos mur diffus,
De platanes massifs ou de saulaie pleurante

Le vent porte vos chants ô tours d'ifs éplorés
Et vos lamentations ô bouleaux droits et frêles
Aux courts rameaux sifflants. Et ployés vous pleurez
Car c'est votre fonction en cette île irréelle

Sur une autre rive vos frères roussissaient
Me disant vos regrets de temps que l'homme émonde
Passé tombé en mythe alors que faiblissaient
Les rêves... Avallon ! Là est aux bords de l'onde
Sous le tertre couché sur le roc où poussait
Son épée le grand Roi qui gardait les deux mondes.


mercredi 11 novembre 2009

Il y a un an brillait dans mon cœur
Un espoir nouveau, pur bonheur hier
L'espoir s'en est allé, mais la lumière
Demeure

vendredi 30 octobre 2009

Ithildin

" - Et voilà l'Arbre des Hauts-Elfes ! dit Legolas
- Et l'Etoile de la Maison de Fëanor, dit Gandalf.
Ils sont fait d'
ithildin, qui ne reflète que
la lumière des étoiles et de la lune... "

(J.R.R. TOLKIEN, La Communauté de l'Anneau )



Aux palais souterrains profonds de la mémoire
Dans les tunnels obscurs, oubliés, enfoncés,
Ces mines de pensées ternes et transitoires
Où dorment poussiéreux des rois des temps passés ;

Là errant, parcourant ses strates insoumises,
Des salles immenses courues de vents glacés,
Le poète recherche au cœur des pierres grises,
Aux fondations du roc, aux trônes fracassés,

Le vrai argent caché et les métaux des astres,
Rares filons enfouis. Maladroit prospecteur,
Il a longtemps cherché sous de vastes pilastres,
Égaré, éclairant les failles et hauteurs

D'une bien faible flamme. Hélas ! Il reste morne
Le dur fer sans éclat... "Bienheureux Fëanor !
Orfèvre qui tissait, avec l'or des mallornes
Ou l'argent cristallin, des elfes les trésors !

La clarté des Arbres que tu mis dans les gemmes
Est la vie qui leur manque et les réveillera !"
Il dit, et la lumière effrayée qu'il parsème
Fait briller un fragment qu'un autre déterra.

Fol espoir à nouveau ! L'artiste alors rassemble
Joyaux, métaux, ces dons des étoiles -Sider-
Et du feu qui l'habite, et d'une voix qui tremble,
Il forge dans sa main non un illustre fer

Nulle arme de légende ou lame de héros ;
Mais d'un art plus subtil grave le roc de runes
Enchâssées d'un acier qui brillant sous le Lune
Entrouvre un monde clos... " Pedo mellon a minno ! "

mercredi 30 septembre 2009

la récurrente problématique du pont...

" Now we're back to the beginning
It's just a feeling and no one knows yet..."
( Regina SPEKTOR, " The Call " )


L'âge est un grand fossé
Que l'amour ne veut connaître
Que le cœur croit dépasser
Sans jamais s'en remettre
Quand il y est tombé
Et la chute est cruelle
Mais s'il venait à l'enjamber
Ô combien l'arche serait belle !