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mardi 5 juillet 2011

Le Passeur du crépuscule

" Hélas ! Ce que la mort touche de ses mains froides
Ne se réchauffe plus aux foyers d'ici-bas ! "

(Victor HUGO, "Souvenir de la nuit du 4" in Les Châtiments)


Ô vaisseau anonyme, éternellement craint !
Quand tombe le soleil dans la nuit et ses brumes,
Lorsque le jour s'éteint, comme des feux s'allument,
Présages des malheurs dont la mer est l'écrin.

Ô barque ensorcelée, gréée d'if et de lin !
Tes funestes fanaux éclairent de leurs ombres
La surface impassible où les navires sombrent ;
Le naufragé reçoit la peur pour tout filin.

Quand l'améthyste teint l'horizon et le soir,
Ton implacable étrave entrouvre le flot noir
Ainsi qu'une vraie faux qui récolte et émonde…

Tu ne prends à ton bord que défunts et regrets.
Et enrichit le cri de tes obscurs agrès
Un vol de goélands revenu d'outre-monde.


dimanche 26 juin 2011

Des couleurs et des mots

Et moi, les mots sont mes traits, mes couleurs,
....Que je choisis, que j'assemble,
....Vifs et doux, chauds et froids,
....Harmonieux, brillants
.....Dans mes yeux,
.............Dans mon coeur.

lundi 2 mai 2011

La plume est le masque

" A la question toujours posée :
“Pourquoi écrivez-vous ?“
la réponse du poète sera toujours
la plus brève : “Pour mieux vivre“. "

SAINT-JOHN PERSE


Pourquoi un Poète ? Demandes-tu.
C'est qu'à travers sa main brille une étoile.
Il n'est rien que lui-même, le sais-tu ?
C'est-à-dire un regard, un masque, un voile...

Juste un elfe, une plume, un songe ardent.
Car animé, rempli de mon sourire,
De mes larmes, mes passions, regardant
Et l'ombre et la lumière pour écrire

Chaque vers, chaque pas. Et ce qui est
Ecrit est écrit ! Bon, mais le Poète ?
Il n'est que peu, et tellement il est !
Et le carmin qui vient à tes pommettes

Est preuve de son feu révélateur.
Il n'est au fond rien de plus qu'une image
- Sage ? A voir !- car il ne veut qu'être hommage
Au Logos, au Vrai, maître et créateur.


mercredi 6 avril 2011

Quatrain pour une rencontre

"Avance au large !"
(Luc V, 4)

Je vais vers toi, ô inconnue,
Et m'ouvre petit à petit.
Mais l'appréhension trop connue
A la grotte m'introvertit.


vendredi 25 mars 2011

La Licorne

" C'est le plus bel animal, le plus fier,
le plus terrible et le plus doux qui orne la terre."

(VOLTAIRE, La Princesse de Babylone Ch. III. )


Fendant les calmes flots comme un ange l'azur
Ce vaisseau idéal à la coque si blanche
Que l'albâtre ose fièrement naviguer sur
L'océan immortel. Et ses candides planches

Courbes, graciles, sont d'un bois mystérieux.
De même son gréement. Ses diaphanes voiles
Sont brodées d'argent fin, éclat délicieux
Semblant vivre parfois comme aussi les étoiles.

Des jeunes gens joyeux forment son équipage,
Plus vraiment des enfants, et dans la fleur de l'âge
Hardis adolescents, mais sages dans leur jeu.

Leur capitaine enfin conduit d'une main fière
Sa vierge monture. Et sous le vent, la lumière
De l'aube fait briller ses yeux d'or avec feu.

dimanche 13 mars 2011

Petites flammes


De Belgique ou d'Orient, d'ici ou de plus loin,
Des amis, d'autres, qui prennent le soin
De dire, d'envoyer ces quelques mots...
Et le Bonheur.


vendredi 18 février 2011

Le vaisseau fantôme

" Traft ihr das Schiff im Meere an,
blutrot die Segel, schwarz der Mast?
Auf hohem Bord der bleiche Mann,
des Schiffes Herr, wacht ohne Rast."
*
(WAGNER, Der Fliegende Holländer, Acte II, sc. 1)


Quand la brume a recouvert la mer froide et pâle,
A l'heure où apparaît aux regards des marins
Sur l'onde tourmentée, vague d'ombre et d'opale,
Par-delà, à travers les voiles des embruns,

La frontière inconnue, et au-delà encore,
Les êtres fabuleux, les figures de proue
Avalées par les eaux, que le varech décore,
Mais qui défient la mort, et à nouveau s'ébrouent

Hors des liquides fonds et des profonds abysses ;
De son sombre bordé, de son gréement fatal,
Funeste, ce vaisseau, maudit par le caprice

D'un capitaine aux dieux adressant ses reproches,
Menace les vivants, et de sa sourde cloche,
Le Hollandais volant ouvre ce triste bal.



* Avez-vous sur la mer rencontré le navire ,
Aux voiles rouges sang, au mât noir comme nuit ?
Pâle sur son haut bord, l'homme qui le conduit
Veille là sans répit. Vîtes-vous ce navire ?
(trad. C.S. Indhal)