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vendredi 25 mars 2011

La Licorne

" C'est le plus bel animal, le plus fier,
le plus terrible et le plus doux qui orne la terre."

(VOLTAIRE, La Princesse de Babylone Ch. III. )


Fendant les calmes flots comme un ange l'azur
Ce vaisseau idéal à la coque si blanche
Que l'albâtre ose fièrement naviguer sur
L'océan immortel. Et ses candides planches

Courbes, graciles, sont d'un bois mystérieux.
De même son gréement. Ses diaphanes voiles
Sont brodées d'argent fin, éclat délicieux
Semblant vivre parfois comme aussi les étoiles.

Des jeunes gens joyeux forment son équipage,
Plus vraiment des enfants, et dans la fleur de l'âge
Hardis adolescents, mais sages dans leur jeu.

Leur capitaine enfin conduit d'une main fière
Sa vierge monture. Et sous le vent, la lumière
De l'aube fait briller ses yeux d'or avec feu.

dimanche 13 mars 2011

Petites flammes


De Belgique ou d'Orient, d'ici ou de plus loin,
Des amis, d'autres, qui prennent le soin
De dire, d'envoyer ces quelques mots...
Et le Bonheur.


vendredi 18 février 2011

Le vaisseau fantôme

" Traft ihr das Schiff im Meere an,
blutrot die Segel, schwarz der Mast?
Auf hohem Bord der bleiche Mann,
des Schiffes Herr, wacht ohne Rast."
*
(WAGNER, Der Fliegende Holländer, Acte II, sc. 1)


Quand la brume a recouvert la mer froide et pâle,
A l'heure où apparaît aux regards des marins
Sur l'onde tourmentée, vague d'ombre et d'opale,
Par-delà, à travers les voiles des embruns,

La frontière inconnue, et au-delà encore,
Les êtres fabuleux, les figures de proue
Avalées par les eaux, que le varech décore,
Mais qui défient la mort, et à nouveau s'ébrouent

Hors des liquides fonds et des profonds abysses ;
De son sombre bordé, de son gréement fatal,
Funeste, ce vaisseau, maudit par le caprice

D'un capitaine aux dieux adressant ses reproches,
Menace les vivants, et de sa sourde cloche,
Le Hollandais volant ouvre ce triste bal.



* Avez-vous sur la mer rencontré le navire ,
Aux voiles rouges sang, au mât noir comme nuit ?
Pâle sur son haut bord, l'homme qui le conduit
Veille là sans répit. Vîtes-vous ce navire ?
(trad. C.S. Indhal)

jeudi 13 janvier 2011

La musique...

" Ce que Tu as caché aux sages et aux savants,
Tu l'as révélé aux tout-petits ! "

(Luc X, 21)


Dans mon coeur revient la musique
Souvenir qu'un peu je retiens
....Triste, pur et doux, bucolique.
Mais le chant encore ici vient
Semble donner une clé : "Tiens !"
....Fier et simple, mélancolique.

Charme que l'on oublie jamais
Beauté celte, esprit japonais ;
....Une voix poignante et magique.
Chapardage de mes secrets
Ses images en moi ancraient
....Une larme à leur fin tragique.

Pourquoi cette séparation
Entre grand et petit ? Question
....Sans réponse enfin dramatique.
Pourquoi donc aller de l'avant
C'est laisser, comme un oiseau blanc,
....Un ami, un nid domestique ?

Et l'enfant (un autre y pensa...)
Demandait : "Pourquoi c'est beau, ça ?"
....Première aporie esthétique !
"Et pourquoi le Réel n'est pas
Tel le Rêve ouvert sous mes pas :
....Sans défaut pour moi, poétique ?"

La chanson joyeuse et sincère
Soulevait en mon coeur de verre
....Une vague métaphysique...
Mais la harpe, écho insistant,
Me ramène au flot existant...
....Rien ne répond à la musique !

Dans mon coeur revient la musique...
à Cécile Corbel,
pour la magnifique musique de
"Karigurashi no Arrietty".

mardi 30 novembre 2010

Il vient chez nous !

" Mon enfant, va aujourd'hui travailler à ma vigne ! "
(Mat. XXI, 28)


Voyez : les ceps ont revêtu
Leurs beaux surplis de pourpre et d'or
Pour annoncer la grande joie
De la venue de la Lumière
Et de l'Amour pour tous les Hommes ;
Dans le paradoxal automne
De nos régions, ils ont pourtant
Gardé le vert de l'espérance :
La vigne aussi prépare Son avent !


dimanche 31 octobre 2010

Le Poète alogiaque

" Alogia : 1) perte de la parole, silence
2) manque de raison, extravagance
d'où : indécision, incertitude... "



Où donc es-tu, ô Muse ? Ma plume te cherche
Et, inutiles, mes doigts frôlent le papier
Délaissé de tes chants où mon encre se perche,
Immobile et glacée. Au loin vas-tu pépier
Auprès d'un autre coeur ? Quelque autre qui te comble...
Et moi, sans oser croiser mon propre regard,
- Vivre avec soi-même est dur à bien des égards -
Je m'essaye, un peu seul, avec mes propres ongles,
D'arracher au néant, aux angles, aux défauts,
Aux bosses et aux lieux le Beau qui y repose,
Et les mots qui le disent. Et les vers qu'il me faut.
Mais je n'ai que besoin du rêve qui propose...

jeudi 30 septembre 2010

Apprentissages

" Souvenez-vous qu'avant d'oser
entreprendre de former un homme,
il faut s'être fait homme soi-même "

(J.-J. ROUSSEAU, Emile )


Comme il est facile de lire
Pour celui qui déjà connait !
Cet autre qui débute admire
Le mot sans voir qu'il contenait
Un sens. La lettre (appliquons-nous !)
Fait son avecque ses voisines
Et tous ces sons, mis bout-à-bout,
Font des mots, qui font ta comptine...
Peu évident ! Et pour écrire :
Doucement ! En haut... En bas... Là !
Il faut discipline (et sourire !)
Courage et foi. Et je suis las,
Parfois, d'avancer sans comprendre
Avant d'avoir appris. Eh oui !
Je ne sais pas lire ma vie.
Sais-je un peu l'écrire, l'entendre,
La mener ? A l'école des petits
- Lecteurs - j'ai beaucoup à apprendre !