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mardi 30 novembre 2010

Il vient chez nous !

" Mon enfant, va aujourd'hui travailler à ma vigne ! "
(Mat. XXI, 28)


Voyez : les ceps ont revêtu
Leurs beaux surplis de pourpre et d'or
Pour annoncer la grande joie
De la venue de la Lumière
Et de l'Amour pour tous les Hommes ;
Dans le paradoxal automne
De nos régions, ils ont pourtant
Gardé le vert de l'espérance :
La vigne aussi prépare Son avent !


dimanche 31 octobre 2010

Le Poète alogiaque

" Alogia : 1) perte de la parole, silence
2) manque de raison, extravagance
d'où : indécision, incertitude... "



Où donc es-tu, ô Muse ? Ma plume te cherche
Et, inutiles, mes doigts frôlent le papier
Délaissé de tes chants où mon encre se perche,
Immobile et glacée. Au loin vas-tu pépier
Auprès d'un autre coeur ? Quelque autre qui te comble...
Et moi, sans oser croiser mon propre regard,
- Vivre avec soi-même est dur à bien des égards -
Je m'essaye, un peu seul, avec mes propres ongles,
D'arracher au néant, aux angles, aux défauts,
Aux bosses et aux lieux le Beau qui y repose,
Et les mots qui le disent. Et les vers qu'il me faut.
Mais je n'ai que besoin du rêve qui propose...

jeudi 30 septembre 2010

Apprentissages

" Souvenez-vous qu'avant d'oser
entreprendre de former un homme,
il faut s'être fait homme soi-même "

(J.-J. ROUSSEAU, Emile )


Comme il est facile de lire
Pour celui qui déjà connait !
Cet autre qui débute admire
Le mot sans voir qu'il contenait
Un sens. La lettre (appliquons-nous !)
Fait son avecque ses voisines
Et tous ces sons, mis bout-à-bout,
Font des mots, qui font ta comptine...
Peu évident ! Et pour écrire :
Doucement ! En haut... En bas... Là !
Il faut discipline (et sourire !)
Courage et foi. Et je suis las,
Parfois, d'avancer sans comprendre
Avant d'avoir appris. Eh oui !
Je ne sais pas lire ma vie.
Sais-je un peu l'écrire, l'entendre,
La mener ? A l'école des petits
- Lecteurs - j'ai beaucoup à apprendre !

dimanche 29 août 2010

La fin d'une aventure et le début d'une autre...


Revenir. Quitter des lieux forts,
Des amis, des frères, des joies.
Poursuivre autrement les relations...
Avancer...


mercredi 11 août 2010

Au coeur d'or

" Que ma bouche chante Ta louange !
Sois loué, Seigneur, pour Ta grandeur !
Sois loué pour tous Tes bienfaits !
Gloire à Toi, Seigneur ! Tu es vainqueur.
Ton amour inonde nos coeur.
Que ma bouche chante Ta louange ! "

( Chant de la communauté de l'Emmanuel )



Me voilà de retour en mon pays
Sans avoir vraiment quitté ma maison
Puisque Joseph, près du coeur de Marie,
Veillait sur mes nuits et sur ma raison.

Et déjà l'oubli voleur veut répandre
Sur les voix et les noms son voile obscur
Ou enfouir les visages sous la cendre...

Mais dessus la mer de mes souvenirs
De là-haut, pour me guider, j'ai vu luire
Des paires d'étoiles, vos regards purs.

Enfants, vos noms défilent dans mon coeur
Comme les grains d'un autre chapelet
Par et pour elle, ô Vierge immaculée !

Et tes yeux, Augustin, et ton sourire
Mystérieux m'interrogent : Où vas-tu ?
De mes mains qui donnent, te souviens-tu ?
D'un seul grain, de ma présence ? Un soupir...

Près de ton sein d'or, Mère du Seigneur,
Que ton Fils à nouveau nous réunisse ;

Que nos rires, jeux, danses et chansons
A la plus grande gloire de Son Nom
S'élèvent ! Que l'Espérance jaillisse !

jeudi 29 juillet 2010

Quatrain du Solitaire

" Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins "

( BAUDELAIRE, "Elévations" in Les Fleurs du Mal )



Seul. Il n'est plus ami ni frère autour de moi.
Quand de tous mes regrets je me fais un linceul.
Et comment pourriez-vous partager mon émoi ?
Vous qui êtes ailleurs, moi qui reste là. Seul.


dimanche 6 juin 2010

Les Amitiés profondes

" Pendant longtemps, longtemps,
j'ai rêvé d'avoir un ami, un vrai.
Et maintenant que je l'ai trouvé,
je sais bien que je ne le perdrai plus..."

(Jean VALBERT, Grand jeu)


Je me souviens encor' de jeux dans la nature
De temps forts fraternels avec l'enfant d'alors
Aux yeux clairs et confiants, au coeur plein de trésors
Et de notre affection mûrie dans l'aventure.

Nous différons pourtant. Ce n'est pas sans rature
Que s'écrit aujourd'hui - j'en partage le tort -
Le récit de nous-deux, et point sans désaccord...
Ce soir du désarroi je ressens la morsure.

Pourquoi me fuir, allons, pourquoi ces réticences ?
N'est-ce pas du Seigneur que vient notre confiance ?
Mais, Ami, désormais peut-être tu comprends :

Me liant d'amitié, c'est mon sang que je donne ;
Ce qu'ai offert un jour, jamais ne le reprends.
Et si je souffre un peu, de bon coeur te pardonne !