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jeudi 16 juillet 2009

Le cocon laissé vide

" Te raconter enfin qu'il faut aimer la Vie
L'aimer même si

Le Temps est assassin et emporte avec lui
Le rire des enfants... "

( RENAUD, "Mistral gagnant" )


Une petite vie qui disparaît
C'est cependant une grande tristesse
.
Et pour la mère amie qui la portait,
Une douleur forte et brutale, intime.

Sur un futur possible, on tire un trait.
Dur coup porté contre la petitesse !
Jusqu'à sembler injuste. Tu n'étais
Pas fautive pourtant !
...................................... Et mon estime
Face à ton courage, envers toi grandit,
(En vers je le dis !), surtout en cet âge...

... Ce soir, par delà les nuages,
... Une nouvelle étoile luit.

Papillon d'un crépuscule

L'espoir d'une vie
Comme un papillon
Une nuit s'envole
Vers la Lumière...
... ADIEU !

mercredi 10 juin 2009

l'Alchimiste

" L'or que nous demandons, du fond de nos voix,
À la transmutation des métaux du rêve. "

(Yves BONNEFOY,
"Dans le leurre des mots"
I, in Les Planches Courbes )


La qualité de la racine
Fait de l'arbre entier la vigueur...
Dans ma mémoire se dessine
Une souche de mon bonheur.

Homme de rire et de rigueur,
Du troisième ordre d'Assise,
Portant le nom du fondateur,
Savant à la rime précise.

Exerçant le noble art chimique,
Il fit naître quatre éléments...
Et dans le chant, dans la musique,
Cherchait le Beau à tout moment.

Homme de joie, de sentiment ;
Témoin de ma métamorphose,
Des premiers jours, et tendrement
Acteur aussi de ma nymphose.

Depuis un an là-bas repose...


+
À Jean DURAND,
o.f.s.
décédé le 9 juin 2008

IN MEMORIAM

samedi 30 mai 2009

Theoria

"Est Beau ce qui plaît universellement sans concept"
(E. KANT,Critique de la faculté de juger, §9 )


Un soir d'or avant le cinquantième jour.
Un souffle léger à mon oreille murmure...
Le poète assis, la plume prise de court,
Laissent glisser en eux le fil de l'écriture.

Le vers comme la vie va et vient en retours,
Et pourtant il progresse, et Poésie prend forme.
Il fixe, la trace, l'encre, lui donne un tour,
Mais strophe, rime, le vers même n'est que norme ;

Cela veut dire : une règle ; Un trait de contour.
Et le rêve, et le chant se fixe en caractères,
La brume précédente entre dans ses atours :
Idée préexistante, elle devient matière.

Poésie vit avant que de devenir vers.
Par lui je la fait lettre, à l'œil je la propose.
Mais elle est hors de lui, invisible, et devers
Moi ; Je puis si je veux l'incarner dans la prose.

mercredi 20 mai 2009

Aller et Retour

"The Road goes ever on and on..."
(J.R.R. TOLKIEN, The Fellowship of the Ring )

Moi aussi j'ai fait vers l'Est un voyage,
Moment profond où l'on quitte son port
D'attache, s'ouvrant à d'autres visages,
Et déploie la grand-voile au vent plus fort.

Et dans les flots lumineux du levant
Je reviens épuisé de soirs trop denses.
La joie brille dans les regards d'enfants,
Reçue et partagée en abondance.

Alors aux rives passées sont laissés
Doutes et naufrages. Et revenir,
Reçu par les miens, me sentir aimé.
Enflammé à nouveau, dans un soupir :

Serviteur !


Post-Scriptum à l' "Aller et Retour"

Et au retour est un nouveau départ...
Quitter tous les habituels visages
Et mon pré-carré, pour qu'une autre part
De moi grandisse. C'est autre voyage...

Tenir ce nouveau cap m'est douloureux,
Mais, Promesse, ma vie est toujours prête !
Suivons la Route et ses chemins poudreux,
Obéissant. "Ne tourne pas la tête...

... un Scout regarde en avant !"

dimanche 5 avril 2009

Le blanc pélerin

"Tous avaient les yeux fixés sur lui.
Ses cheveux étaient blancs comme neige au soleil,
et sa robe d'une blancheur lumineuse ; (...)
les yeux brillaient, pénétrants
comme les rayons du soleil."

(J.R.R. TOLKIEN, Les Deux Tours )

Sur une arche fragile au dessus de l'abîme
Un homme âgé, guide d'une communauté,
Sûr, affronte le feu trompeur, et à la cime
Lui oppose la flamme de la Vérité.

Il est dit vieux, étrange, rude, autoritaire ;
Il est lumineux, docte, doux, ouvert, aimant.
Le bâton qu'il brandit est symbole unitaire,
Le chapeau sur ce chef est pointu doublement.

Son front est trois fois ceint d'une blancheur d'écume
A laquelle répond l'or de l'anneau reçu.
Sa parole est sa lame, et quand nous l'aperçûmes
Glamdring fut pénétrante et nous a convaincu.

On dit qu'il a chuté -Et trois fois comme lui
Le Porteur sous le poids du fardeau- on le blâme,
On déforme son dire et on le voudrait gris,
Transigeant... Il est blanc, pour le salut des âmes.

Il rallume les feux d'alarme dans la nuit,
Parcours toute la terre annonçant le Message.
Malgré l'ombre alentour il est flambeau qui luit,
Guidant le peuple en corps vers l'aube d'un Passage.

vendredi 13 mars 2009

Valet obscur...

"Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure"

(G. APOLLINAIRE, "Le Pont Mirabeau",
in Alcools)

Aujourd'hui je joue l'atout le plus grand.
Aurait-on trop tôt posé le petit ?
Devrai-je mettre l'excuse à son rang
L'an suivant ? Dix-mille et cent-une-nuits,
S'il faut parier, c'est maintenant,
Cette mise est sur le tapis.

Ce n'est pas moi qui ai la main
Pourtant je veux l'avoir demain
Et peut-être gagner la banque ?
De mon jeu aurai-je un indice ?
Je peux voir un as et deux dix...
Vingt-et-un, noir, impair et manque !