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dimanche 5 avril 2009

Le blanc pélerin

"Tous avaient les yeux fixés sur lui.
Ses cheveux étaient blancs comme neige au soleil,
et sa robe d'une blancheur lumineuse ; (...)
les yeux brillaient, pénétrants
comme les rayons du soleil."

(J.R.R. TOLKIEN, Les Deux Tours )

Sur une arche fragile au dessus de l'abîme
Un homme âgé, guide d'une communauté,
Sûr, affronte le feu trompeur, et à la cime
Lui oppose la flamme de la Vérité.

Il est dit vieux, étrange, rude, autoritaire ;
Il est lumineux, docte, doux, ouvert, aimant.
Le bâton qu'il brandit est symbole unitaire,
Le chapeau sur ce chef est pointu doublement.

Son front est trois fois ceint d'une blancheur d'écume
A laquelle répond l'or de l'anneau reçu.
Sa parole est sa lame, et quand nous l'aperçûmes
Glamdring fut pénétrante et nous a convaincu.

On dit qu'il a chuté -Et trois fois comme lui
Le Porteur sous le poids du fardeau- on le blâme,
On déforme son dire et on le voudrait gris,
Transigeant... Il est blanc, pour le salut des âmes.

Il rallume les feux d'alarme dans la nuit,
Parcours toute la terre annonçant le Message.
Malgré l'ombre alentour il est flambeau qui luit,
Guidant le peuple en corps vers l'aube d'un Passage.

vendredi 13 mars 2009

Valet obscur...

"Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure"

(G. APOLLINAIRE, "Le Pont Mirabeau",
in Alcools)

Aujourd'hui je joue l'atout le plus grand.
Aurait-on trop tôt posé le petit ?
Devrai-je mettre l'excuse à son rang
L'an suivant ? Dix-mille et cent-une-nuits,
S'il faut parier, c'est maintenant,
Cette mise est sur le tapis.

Ce n'est pas moi qui ai la main
Pourtant je veux l'avoir demain
Et peut-être gagner la banque ?
De mon jeu aurai-je un indice ?
Je peux voir un as et deux dix...
Vingt-et-un, noir, impair et manque !

mercredi 4 mars 2009

Belloc

"Salve Regina, mater misericordiae... "



La croix grise au ciel étend ses bras
Et grave surplombe les pentes roses
Et les toits verts des collines autour.

Ici le calme apaise l'homme las ;
La cloche régulière compose
Le temps en un essentiel retour.

Vrai rythme et règle, Ora et labora,
Vie d'autant plus ouverte qu'elle est close
Dans la prière ils aiment sans détour.

Le présent à l'éternel se confond.
Beau lieu où des voix chantent Père ! Abba !
Ces serviteurs en habit bleu profond.
La Croix offerte au monde tend les bras.

Se réfléchir...

"Car je sais ce que je devrais faire, mais j'ai peur de le faire..."
(J.R.R. TOLKIEN, La Communauté de l'Anneau)

Dans la fraîcheur d'un matin doux
Où, muette, Jeanne d'Arc me regarde,
L'éclat du ciel éclaire tout,
Ta lumière pour le cœur que Tu gardes.

Et l'air pur de ce lieu me calme,
Et cent bruits dont le silence s'emplit,
Et la beauté de tout ce que je vis
Comme leurs chœurs Ta louange proclament.

Le mien psalmodie un même refrain,
Un même espoir, une requête...
En Toi je remets mon destin.
Je dois attendre qu'elle soit prête,
Vivre en ami... Tout est entre Tes mains !

Et la cloche qui sonne encore
Réveille en mon cœur de tristes échos.
Ma faiblesse semble me clore
Comme auprès de ces lignes est un clos.

dimanche 15 février 2009

5 doigts d'une main...

Pouce !


"La vie n'est que bonheur !"
Claire De CASTELBAJAC


Comme les deux fleuves brillent tes yeux d'azur,
Et l'or de la vierge couronne ton front pur...
Elle que l'on révère aux hauts de Fourvière,
Ou qui trône en Bordeaux. Là, cinq vies se lièrent,
Cinq et plus... Enfant, de toute mon affection,
Je fais vœu que ton cœur soit entendu du lyon.




Index


"Quand je serai grande,
je serai Robin des Bois ou rien !"


Car l'on peut s'appuyer sur toi pour avancer
Se fier à ton conseil, par lui se relancer
Dans cette vie que tu aimes. Tu dis la Loi
Quand tu diriges nos sœurs en rondes aux bois
Robinson discret, joyeuse car en cette heur'
Tu t'appuies sur ton roc, ta chance et ton bonheur.




Majeur...


"All the world's a stage..."

SHAKESPEAR, As you like it


Mais le plus jeune et le plus fou et le moins moi.
Tu aimes à être vu : chaque jour est pour toi
Une scène de plus. Mais ton cœur parle vrai,
Et ton affection se fait jour sous tes traits
Ou ton attention pudique à nos soucis...
Toi le plus jeune et plus filou de mes amis.




Annulaire


"... Amis dans le Seigneur..."

(Claire CHATAIGNER)

Pourquoi quitter, ami, les fiefs d'Aliénor,
Ceux qui t'aiment ici et partir vers le nord ?
Mais tu reviens toujours chaque fois plus joyeux,
Et ton cœur n'est point sourd quand tu es loin des yeux.
Lors si nos deux routes divergent en chemin
Ayant même Départ, frère, auront même fin.




... et le petit dernier !


"Il y a dix-huit ans, naissait, près de Paris,
Un tout petit garçon, qui a beaucoup grandi... "

PAPINOU, 13 mars 2006
à mon cœur de tous les poètes le plus grand.


Je te regarde au travers de vingt ans ;
La photo d'hier m'arrête un instant...
Courte crevette aux petits poings crispés,
Tu reposes, fragile, enveloppé
D'étranges bulles. De cinq le premier,
Mais, humblement, de nous cinq le dernier...




***
Et à tous ceux que nous aimons...
Car nous ne sommes cinq que pour rayonner de cinq fois plus d'amitié !
Et de Son amour...




mercredi 11 février 2009

La tempête

"We are such stuff as dreams are made on,
and our little life is rounded with a sleep... "
(SHAKESPEAR, The Tempest )

Parfois l'orage se déchaîne

Sur l'océan de mon esprit.
Alors cette liquide plaine
Se démonte et tonne à grands cris,
Silences d'une rage vaine !

Alors c'est l'ombre qui me serre.
Et si le lys de mon compas
Me dit le cap, une onde amère
Me tourmente. Las ! Ces combats
En moi sont une sombre guerre !

Un soleil s'est levé non loin.
(Ou juste à mes côtés peut-être)
Sa pure amitié m'a rejoint,
Calmant l'angoisse de mon être...
Et mon ciel ce soir est serein !

A toi, merci encore...


mardi 3 février 2009

Etat d'âme

"Et mille remerciements

pour tout ce que nous avons partagé"
C.S.

Et le combat encore eut lieu...
Comme en d'autres temps
Quand un mécontent
De sang royal criait aux cieux
Son cri de vengeance
Sur l'indifférence
D'un cœur repoussant l'amoureux.

Et deux armées de se mouvoir
Dressées face à face
Poussées par l'audace
D'un prince et de son fol espoir
De gagner le cœur
Qui fait sa douleur...
Soldats blancs contre soldats noirs.

Ainsi en est-il maintenant.
Mais blanc n'est au fond
Au moins pas plus bon
Que le noir, je crois, n'est méchant.
L'un est loup sauvage,
L'autre est bien trop sage...
Les deux pôles d'un même aimant.

Une à la guerre avait mis fin,
Imposa la trêve
Pour deux mois, doux rêve !
Une à qui je m'ouvrais enfin,
Qui calmait mes peurs,
(Ô divin bonheur !)
A qui je lierais mon destin...

Si elle acceptait

Mais ses sentiments ont passé
Et pauvre cœur tendre
Je ne peux qu'attendre...
Le combat a recommencé.